Opinion : La Banque du Canada manifeste un intérêt croissant pour les bénéfices des entreprises et le marché boursier

Nouvelles

MaisonMaison / Nouvelles / Opinion : La Banque du Canada manifeste un intérêt croissant pour les bénéfices des entreprises et le marché boursier

Jun 21, 2023

Opinion : La Banque du Canada manifeste un intérêt croissant pour les bénéfices des entreprises et le marché boursier

Immeuble de la Banque du Canada à Ottawa le 23 mai 2017. Chris Wattie/Reuters À la recherche de signaux révélateurs sur la façon dont les hausses de taux d'intérêt se répercuteront sur l'économie, la Banque du Canada

Immeuble de la Banque du Canada à Ottawa le 23 mai 2017. Chris Wattie/Reuters

À la recherche de signaux révélateurs sur la manière dont les hausses de taux d’intérêt se répercuteront sur l’économie, les chercheurs de la Banque du Canada se sont récemment penchés de plus près sur une source pas si fiable : le marché boursier.

Plus précisément, les équipes de recherche de la banque centrale ont examiné de plus près les informations sur les bénéfices des entreprises et les attentes du marché. Dans deux articles récents, ils affirment que les tendances dans ce domaine fournissent des informations précieuses sur la manière dont se manifestent les fortes hausses de taux d'intérêt de la banque au cours des 18 derniers mois, et sur la façon dont nous pourrions nous attendre à ce qu'elles pèsent sur différents segments de l'économie dans le futur. les mois à venir.

Dans un article, les économistes Greg Adams et Jean-Sébastien Fontaine ont examiné les valorisations prévisionnelles du rapport cours/bénéfice du marché boursier – les prix des actions par rapport aux bénéfices prévus pour l’année prochaine – comme indicateur des attentes de croissance économique. Ils ont constaté que les ratios cours/bénéfice ont été « aussi bons, voire meilleurs », qu’une variété d’indicateurs économiques plus standards au cours des deux dernières décennies pour prédire la croissance du PIB sur un an.

« Ce degré d'exactitude confirme que l'analyse transversale des ratios de valorisation résume les informations contenues dans plusieurs indicateurs avancés de l'économie canadienne, même si les sociétés cotées en bourse ne produisent qu'une fraction du PIB canadien », indique le rapport.

Leur analyse indique que les valorisations boursières de cette année impliquent un ralentissement substantiel des attentes de croissance du PIB réel au cours de l’année prochaine, de 5,6 pour cent au début de 2022 à 2,1 pour cent en mai dernier. Cette baisse est due aux valorisations des actions des secteurs historiquement les plus sensibles aux taux d'intérêt, comme les banques, les biens de consommation durables et les biens d'équipement.

Les chercheurs ont également noté que ces prévisions de PIB implicites sont restées relativement stables de février à mai – période au cours de laquelle la Banque du Canada a fait une pause dans ses hausses de taux. Il suggère que le suivi des ratios P/E par secteur peut fournir des signaux précieux sur la manière dont les différents segments de l’économie sont affectés par la hausse des taux d’intérêt.

« L’effet de la hausse des taux devrait varier en termes de timing et d’ampleur selon les secteurs, ce qui signifie que l’étude de la manière dont les secteurs sensibles aux taux d’intérêt réagissent à des taux d’intérêt plus élevés montre comment les augmentations de taux d’intérêt contribuent à équilibrer l’offre et la demande et à modérer l’inflation. », indique le rapport.

Un autre article récent a examiné les conférences téléphoniques sur les résultats que les sociétés cotées en bourse organisent chaque trimestre avec des analystes boursiers et des investisseurs. À l’aide du traitement du langage naturel – un type d’IA – les économistes Marc-André Gosselin et Temel Taskin ont suivi les références à l’offre et à la demande dans les transcriptions des appels sur les résultats et ont évalué le sentiment exprimé lors de ces discussions.

« La BdC a fini d'augmenter ses taux pour ce cycle » : comment les économistes et les marchés réagissent à un rapport sur l'emploi étonnamment faible

Les chercheurs ont découvert que, pendant la pandémie de COVID-19, ces informations ont surpassé les indicateurs traditionnels pour prédire l’évolution de l’écart de production – l’écart entre la demande dans l’économie et les approvisionnements disponibles. La mesure de l'écart de production est essentielle à l'évaluation par la Banque du Canada des pressions inflationnistes sous-jacentes et constitue donc un guide essentiel pour la politique des taux d'intérêt.

"Les banques centrales pourraient bénéficier de l'intégration de nos mesures basées sur des textes dans leurs modèles de prévision", écrivent les auteurs dans le rapport. « L’utilisation d’informations textuelles dans les prévisions est prometteuse, non seulement en raison de la forte corrélation entre l’écart de production et l’inflation… mais aussi parce que les informations contenues dans les appels sur les résultats arrivent à point nommé. Les données nécessaires pour estimer l’écart de production sont généralement disponibles avec des décalages importants, contrairement aux informations contenues dans les appels sur les résultats, qui sont immédiatement disponibles.

La Banque du Canada prend toujours soin de souligner que les opinions de ses chercheurs ne constituent pas des positions politiques officielles de la banque. Néanmoins, l'orientation de ses recherches à un moment donné peut fournir une fenêtre sur ce que les décideurs de la banque ont en tête. Et dernièrement, les résultats du département de recherche ont montré un grand intérêt pour les informations sur les entreprises – et plus particulièrement sur ce qu’elles pourraient dire sur l’inflation et la transmission de la politique de taux.